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Que payons-nous vraiment pour avoir accès à l’électricité ?

Chaque année, on nous annonce que le prix de l’électricité va augmenter de x %. C’est marrant, car quand on y réfléchit, il n’y a pas beaucoup de choses dont on nous annonce “à coup sûr” la hausse ou la baisse du prix. On trouve cela normal, alors que si on pouvait nous prévoir l’évolution du prix des fruits et légumes, on trouverait cela bizarre.
Mais en réalité, c’est quoi l’électricité pour nous autres consommateurs, et quand on paie notre facture d’électricité, on paie pour quoi au juste?

À l’origine, un service public

Pendant de nombreuses années, l’électricité était un service public (et pendant encore plus longtemps avant, l’électricité ça n’existait pas 😛, à part le tonnerre et le fonctionnement de notre système nerveux, mais on n’en savait rien). Comme c’était un service public, l’État fixait le prix qui permettait de couvrir les coûts de la production de l’électricité (en France principalement avec des centrales nucléaires), mais également son acheminement (les câbles) jusqu’à chez nous. On parle généralement du transport de l’électricité et de sa distribution. Concrètement, le transport et la distribution c’est un peu pareil, c’est seulement la taille des câbles qui change. On peut dire que le transport, ce sont les gros câbles en sortie de centrale, et la distribution ce sont les plus petits câbles qui arrivent jusqu’à chez vous.

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Arriva l’ouverture à la concurrence

Puis, “on” s’est dit que la concurrence entre les acteurs, ça permet de faire baisser les prix, et c’est bien pour nous, les consommateurs. Alors on a décidé de libéraliser ce secteur, et d’introduire de la concurrence. Créer une sorte de guerre des prix, pour que la facture baisse. Cela a commencé en 1996 (oui oui, il y a 20 ans), à l’initiative de l’Union Européenne. Mais libéraliser l’électricité, ce n’est pas si simple. Toutes les activités entre la production des électrons et leur utilisation dans nos foyers ne peuvent pas être ouvertes à la concurrence. Cela n’aurait pas de sens d’ouvrir à la concurrence les activités de réseau. C’est un peu comme les chemins de fer. Autant il peut y avoir de la concurrence sur les trains qui circulent et les entreprises qui exploitent le réseau, autant sur la propriété des rails eux-mêmes, ça n’aurait pas de sens. Du coup, le réseau d’électricité (les câbles et les pylônes) sont toujours du domaine public.

Mais avant de déclarer que l’électricité est un secteur ouvert à la concurrence, il a fallu séparer les activités des anciens monopoles, pour être sûrs qu’ils ne favoriseraient pas leur propre entité sur les marchés concurrentiels. Je vous passe les détails, mais c’est précisément cette raison qui a conduit ErDF à récemment changer de nom pour s’appeler Enedis. Le régulateur (la Commission de Régulation de l’Energie, CRE) trouvait que le nom était trop proche de celui d’EDF, et que cela pouvait perturber le consommateur, faisant penser qu’ERDF et EDF c’était la même chose. Avouez-le, vous venez d’apprendre que ce n’est pas le cas.

Passons sur les détails, mais peu à peu, il a été possible de faire concurrence à EDF sur la fourniture d’électricité et la vente au consommateur final, avec l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché. Pour autant, l’État continuait à réglementer le tarif de l’électricité pour le consommateur final, décidant donc quel devait être le prix que nous payions. Aujourd’hui, tous les tarifs réglementés ont peu à peu disparu, sauf pour les ménages qui continuent de pouvoir bénéficier d’un tarif réglementé (on l’appelle le TRV pour Tarif Réglementé de Vente). Pour les entreprises, le tarif réglementé a disparu, et c’est donc “la loi du marché” qui fixe le prix. Et il se pourrait que d’ici quelques années les tarifs réglementés pour les ménages disparaissent également, sous quelques conditions.

Mais tout ceci ne nous explique pas ce que l’on paie…

1/ On paie l’accès à la production d’origine nucléaire

Comme nous le disions, il faut tout d’abord payer la production de cette électricité. Cette phase est ouverte à la concurrence, et l’électricité s’achète et se vend sur des marchés (les bourses de l’électricité). Pour faciliter cette concurrence, le régulateur a même imposé à EDF, acteur historique bénéficiant du nucléaire, de donner accès à la production historique d’électricité d’origine nucléaire à ses concurrents (mais à un tarif réglementé). C’est ce qui s’appelle l’Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique (ARENH). Aujourd’hui, comme la consommation globale d’électricité en Europe est plutôt à la baisse, le prix est plutôt bas, et plus bas sur les marchés que le prix de l’ARENH, donc les acteurs ont plus intérêt à acheter l’électricité directement sur le marché que de passer un contrat avec EDF. Mais cette partie n’est qu’une composante de ce qui est facturé, et représente environ un tiers.

2/ On paie le transport de l’électricité

Ensuite, il faut payer le réseau de transport et celui de distribution, pour que les câbles soient en bon état, que le compteur qui est installé chez nous (qui appartient au réseau de distribution) fonctionne correctement, qu’il n’y ait pas de panne ou de coupure. C’est ce qui s’appelle le Turpe (Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Electricité). Bref, on paie pour la qualité, et il y a une part fixe (en fonction de la taille de notre abonnement) et une part variable qui dépend du volume global qu’on consomme. En gros, cela représente également environ un tiers.

3/ On paie des taxes diverses

Enfin, il faut payer des taxes en tout genre. La TVA, mais également des taxes plus exotiques comme la Taxe sur la Consommation Finale d’Electricité (TCFE) qui est une taxe locale (elle varie d’une commune à une autre et d’un département à un autre), la Contribution Tarifaire d’Acheminement (CTA, pour payer l’assurance vieillesse des employés des industries gazières et électriques) et la Contribution au Service Public de l’Electricité (CSPE, qui permet de financer le soutien aux énergies renouvelables, et le fait que tous les foyers puissent profiter de l’électricité au même prix). Cela représente également environ un tiers.

 

Nous espérons que cela est un peu plus clair pour vous. N’hésitez pas à nous poser vos questions !
À bientôt !

PS : pour comprendre la partie de votre facture d’électricité qui dépend de vous, c’est à dire, votre consommation et le système de facturation du fournisseur que vous avez choisi, n’oubliez pas de demander votre diagnostic de consommation réelle !

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