Sélectionner une page

Le confinement que nous vivons depuis maintenant 2 semaines a eu de forts impacts sur l’activité économique, avec la fermeture de multiples industries. La consommation d’électricité en France, que tout le monde peut suivre sur l’excellent site Eco2Mix de RTE, a chuté d’environ 25% entre la première et la seconde quinzaine de mars (c’est-à-dire depuis le confinement).

Evolution de la consommation horaire d’électricité sur les 4 premières semaines du mois de mars (semaines 10 à 13 de l’année 2020)
Source : RTE

La baisse de consommation a été d’autant plus marquée durant la première semaine de confinement (semaine S12 ci-dessus) que les températures se sont adoucies, ce qui a entraîné une baisse des besoins de chauffage. Si le froid a légèrement fait remonter les consommations la semaine dernière (S13), elles restent bien inférieures à ce qu’elles étaient début mars, avec notamment une “forme de consommation” typique d’un samedi pour cette période : une consommation avec 3 pics journaliers au moment des repas, et un creux de l’après midi assez marqué.

Comparaison de la consommation tout secteur confondu le jeudi 9 mars et le jeudi 26 mars
Source : RTE

🏠 La consommation à la maison, aussi impactée par le confinement ?

Néanmoins, si la baisse de la consommation nationale d’électricité est bien nette tous secteurs confondus, on peut se demander si elle n’est pas uniquement due au ralentissement de l’activité des industries, des commerces et des bureaux, et si à l’inverse la consommation n’a pas explosé au sein de nos foyers. En effet, on peut penser qu’en restant à la maison, la plupart des gens auront tendance à augmenter l’utilisation de leurs appareils électriques.

Jusqu’il y a peu, constater des changements d’usage aurait été bien compliqué : quand la relève des compteurs était réalisée par les agents Enedis (ex-ERDF), comment auraient-ils fait pour respecter les distances de sécurité ? De plus, très peu sont les foyers qui auraient fait la démarche de renseigner ces informations à la main chaque jour.

L’estimation de la consommation résidentielle par les professionnels de l’énergie est classiquement basée sur des modèles prenant en compte la température, les vacances scolaires et les habitudes passées, qui sont par définition inapplicables dans la situation exceptionnelle que nous traversons.

Mais avec le déploiement récent du compteur Linky, et plus de 22 millions de compteurs installés à ce jour en France, chaque Français peut mesurer plus précisément l’évolution de sa consommation.

En s’appuyant sur cette technologie, on s’attache chez Wivaldy à apporter aux foyers un éclairage sur leur consommation d’électricité, grâce à un ensemble d’outils digitaux intuitifs pour suivre et décrypter leur consommation. Avec le confinement, beaucoup nous ont demandé si leur consommation était “normale”, par crainte de sur-consommer suite à ce changement d’habitudes. Afin de répondre à ces interrogations, nous nous sommes penchés sur l’analyse globale de ces consommations, dans le strict respect de la vie privée et des données personnelles. Et le résultat de ces travaux est étonnant!

Alors qu’on aurait pu s’attendre à une forte hausse des consommations domestiques de l’électricité, on assiste plutôt à une diminution globale des consommations : environ 11% de baisse entre la première semaine de mars (avant le confinement) et la dernière semaine de mars (pendant le confinement), semaines qui ont eu des températures comparables.

Le graphique ci-dessous illustre l’évolution des consommations moyennes des foyers Wivaldy en mars 2020.

Source : Wivaldy

🌡 Baisse de conso : l’effet de la température ou du confinement ?

Si on peut s’interroger sur l’effet des températures plus clémentes sur la consommation, il est intéressant d’observer qu’à températures équivalentes, la consommation est effectivement nettement inférieure depuis le confinement. Pour illustrer ce phénomène, le graphique suivant présente la consommation moyenne des foyers en fonction de la température moyenne sur les semaines depuis début février.

Source : Wivaldy

On observe que les semaines du confinement (en orange sur le graphique) sont en dessous de la droite de régression : la consommation a ainsi été inférieure depuis le confinement, même après correction de la température.

🗺 Confinement : des effets régionaux importants

Mais l’évolution de la consommation est très variable d’une région à l’autre, comme le montre la carte ci-dessous :

Ainsi, on observe que si la consommation a plutôt augmenté en Bourgogne-Franche-Comté, elle a en revanche nettement diminué en Nouvelle Aquitaine, où on atteint jusqu’à 18% de baisse de la consommation électrique domestique, tandis que dans d’autres régions, telles que la Bourgogne-Franche-Comté, la consommation a plutôt augmenté.

🚆 27% de départs, 5% d’arrivées en raison du confinement

Comment expliquer un tel phénomène, alors que l’on s’attendait plutôt à une hausse de la consommation, les gens passant plus de temps chez eux?

La réponse à cette question est peut-être à chercher dans le changement radical de comportement qu’a entraîné le confinement. Les médias ont ainsi rapporté un nombre important de gens quittant les villes pour aller s’installer à la campagne à l’annonce du confinement. L’analyse globale des données de consommation peut nous aider à mesurer ce phénomène.

Ainsi, on compte dans les foyers Wivaldy 27% de foyers qui ont diminué leur consommation de 20% ou plus entre début et fin mars (à températures équivalentes) : on peut supposer que ce sont des utilisateurs qui ont quitté leur résidence principale. La répartition des départs ainsi identifiés est assez marquante, avec un taux qui atteint 48% en Nouvelle Aquitaine, les gens ayant peut-être plus la possibilité d’aller dans une résidence secondaire.

L’analyse précédente peut néanmoins être modérée. Ainsi, si on décompose ces 27% de foyers Wivaldy, il y a 9% pour lesquels la baisse de consommation est de plus de 40%, ce qui indique clairement un départ du logement, et 18% pour lesquels la baisse est entre 20% et 40%, ce qui pourrait indiquer un départ, avec des équipement énergivores qui seraient restés allumés (par exemple une box internet, un ballon d’eau chaude ou un chauffage électrique). Mais cela peut également représenter des personnes qui ont vraiment réduit leur consommation sans quitter leur logement … difficile de conclure sur ce point !

À l’inverse, on observe qu’environ 5% des foyers ont augmenté leur consommation de plus de 60%, signe d’une probable arrivée dans le logement. Encore une fois, la répartition sur l’ensemble du territoire est variable, avec un taux “d’arrivées” de presque 8% en région Auvergne-Rhône-Alpes.

💡 Et pour ceux qui restent en confinement à la maison ?

Alors que dire des gens qui sont restés chez eux, consomment-ils plus ou moins que d’habitude ? Là encore, étonnamment, il semblerait qu’il n’y ait pas de surconsommation particulière liée au confinement. Ainsi, 60% des foyers Wivaldy ont maintenu leur consommation proche de la normale, c’est à dire entre -20% et +20%. La tendance serait même plutôt à la baisse !

Les raisons de cette relative stabilité malgré un temps plus long à la maison peuvent être multiples, comme par exemple la moindre utilisation des machines à laver lorsque l’on sort moins ou une utilisation plus raisonnée du chauffage quand tout le monde est à la maison. Par ailleurs, la baisse des températures au début de la 3ème semaine de confinement aura sûrement un impact à la hausse sur la consommation des foyers. Les douceurs printanières qui s’annoncent ensuite devraient faire redescendre la consommation.

🔀 Confinement : des phénomènes opposés qui se compensent

On voit que les effets du confinement sur la consommation électrique des foyers est loin d’être intuitif, et que plusieurs phénomènes opposés se sont ainsi compensés :

  • D’un côté des départs qui expliquent une forte baisse de la consommation
  • De l’autre côté des arrivées qui ont fait fortement augmenter la consommation dans certains logements
  • Entre les deux, une majorité de gens restés chez eux qui n’ont pas fortement modifié leur consommation

Evidemment, le périmètre d’étude est un paramètre susceptible d’impacter fortement les résultats d’une telle analyse : les logements inscrits chez Wivaldy sont principalement des résidences principales, et ainsi les surconsommations dues aux arrivées dans les résidences secondaires sont sûrement sous-estimées.

Ces résultats globaux illustrent néanmoins un profond changement d’habitudes de consommation face à cette situation inédite. En ces temps où les sujets d’inquiétude peuvent être nombreux (santé de nos proches, incertitude sur la situation économique, situation inconfortable due au confinement…), certains se posent aussi la question – moins grave certes – des surconsommations dans leur logement. Si vous voulez vous rassurer et suivre votre consommation d’électricité jour après jour, n’hésitez pas à aller faire un tour sur Wivaldy, c’est gratuit et il suffit d’un compteur Linky !

Ça vous intéressera aussi :

Share This